Sur le fil

Sur le fil de la démence, je passe aux aveux.
Tout cela est trop intense, je voulais juste être « mieux ».
Je n’arrive plus à contrôler mon esprit si perturbé, mon corps trop abîmé.
J’ai peur de m’engouffrer dans une sombre histoire et y laisser,
Ma vie.

 

Je doute de mon envie de réussir à me sortir de ces conneries.
Je doute parce que c’est la verbe qui me définit.
Je pense à eux et j’me dis : « merde! »
Pourquoi j’ai échoué, je n’ai plus la verve.

 

Quand je parle de ça je deviens minuscule,
C’est la vie qui me bouscule.
Alors je continue de plonger dans ce qui les a fait tant souffrir,
Et qui m’a rongé, qui m’a fait tant maigrir…

 

Je veux être transparente,
Je veux être alarmante.
Parce que personne ne comprend ma douleur,
Ni ne mesure le degré de ce malheur.

 

Ce n’est pas parce qu’en apparence on est bien,
Qu’à l’intérieur de nous on est serein.
Je lutte chaque jour contre moi même,
Cet autre moi qui me freine,
Dans tout,
A bout.

 

J’ai l’air en forme? Je souris donc je vis?
Cela vous étonne que j’avoue cette catatonie?
Pourquoi est on davantage touché par la souffrance évidente pour les yeux,
Que par celle invisible qui te tue à petit feu?

 

Je crois que les gens pensent mal,
Ils ne savent pas combien mon coeur est pâle.
Les pleurs ne viennent même plus,
Mes yeux arides ont déjà tout connu.

 

Alors je fais en sorte que l’apparence les provoque,
Les choque.
Peut-être s’inquiéteront-ils davantage,
Que si j’avais juste laissé la page,
Sans ratures,
Je me fissure.

 

Sur le fil de ma démence je passe aux aveux,
Je suis donc je pense que je mérite mieux.

 

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